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INRAE Clermont-Auvergne-Rhône-Alpes recrute pour une thèse en économie visant à évaluer les effets environnementaux, sociaux et économiques de la gratuité des transports en commun en France. La thèse sera dirigée par des chercheurs et coordonnée par un comité de suivi international et local. Durée du contrat: 3 ans.
Rémunération: 2 300€ brut par mois en 2026, avec évolution possible selon les arrêtés applicables. Début prévu: 01/12/2026.
Vous exercerez votre activité au sein de l’Unité Mixte de Recherche Territoires (AgroParisTech, INRAE, Université Clermont Auvergne et VetAgro Sup). L’Unité Territoires est un laboratoire de recherche pluridisciplinaire, associant Sciences Humaines et Sociales et Sciences Biotechniques, dont les travaux portent sur l’observation, l’analyse et l’accompagnement des transitions territoriales.
Votre mission consistera à réaliser une thèse en économie visant à évaluer les effets environnementaux, sociaux et économiques de la gratuité des transports en commun en France. Cette thèse sera dirigée par Lionel VEDRINE (chercheur en économie HDR) et co-encadrée par Chloé DUVIVIER (chercheuse en économie) et Stéphanie TRUCHET-AZNAR (chercheuse en économie). Outre cet encadrement, un comité de suivi de thèse, associant chercheur.euse.s français.e.s et internationaux.les ainsi que des acteur.trice.s de la mobilité, sera constitué pour veiller au bon déroulement de la recherche doctorale. Vous bénéficierez de l’environnement scientifique du laboratoire d’accueil ainsi que de l’intégration dans le Département INRAE Action, transitions et territoires (ACT).
Le secteur des transports et la mobilité des personnes se situent au cœur des questions de transition environnementale et de justice sociale. En effet, les transports sont à l’origine d’une grande part des émissions de CO2 et de polluants locaux, dont les conséquences environnementales (changement climatique) et sanitaires ne sont plus à démontrer (Knittel, 2012 ; Santé Publique France, 2021). Face à ces enjeux, les politiques de mobilité cherchent à favoriser une transition vers des systèmes de mobilité plus durables, en s’appuyant principalement sur deux types de mesures jouant sur le comportement des ménages : des mesures coercitives (par exemple les Zones à Faibles Emissions mobilité) ou des mesures incitatives (par exemple le développement de l’offre de transport en commun). Si les premières sont souvent considérées comme efficaces pour répondre aux enjeux environnementaux (Lebrusán et Toutouh, 2021 ; Taylor et Fink, 2013), elles sont généralement perçues négativement et peuvent s’avérer particulièrement injustes pour les catégories les plus modestes de la population.
Parmi les mesures incitatives, la gratuité des transports en commun (GTC) est perçue comme un moyen de réduire les émissions des transports sans contraindre financièrement les ménages mais aussi comme un levier pour améliorer la mobilité des plus vulnérables, contribuant ainsi à une transition écologique socialement juste. La gratuité des transports en commun est également souvent mise en avant comme un moyen de redynamiser le commerce de centre-ville, en facilitant son accès en transports en commun. La mesure fait toutefois débat. Outre son coût financier élevé, ses opposant.e.s mettent en avant l'incertitude de ses réelles retombées environnementales et sociales (David, 2022). Pourtant, à ce jour, peu de travaux scientifiques ont permis d’évaluer les effets réels de la gratuité des transports en commun au-delà de son impact en termes de fréquentation des transports en commun (Truchet-Aznar et al., 2026).
La thèse visera à évaluer de manière approfondie les effets environnementaux, sociaux et économiques de la mesure, et l’articulation complexe entre ses objectifs potentiellement contradictoires. Plus précisément, il s’agira de répondre à quatre grands ensembles de questions:
Cette thèse en économie appliquée s’inscrit dans les champs de l’économie régionale et urbaine et de l’économie des transports. Identifier l’effet causal de la gratuité constitue un exercice complexe, en raison notamment des effets de sélection (les villes qui mettent en place la gratuité des transports en commun ont des caractéristiques différentes de celles des autres villes françaises) et des effets de contexte (par exemple l’évolution du prix de l’essence concomitante à la mise en place de la gratuité).
Pour tenter d’estimer l’impact causal de la gratuité des transports en commun, la thèse s’appuiera sur des méthodes économétriques d’évaluation de politiques publiques (ou méthodes contrefactuelles). Parmi les diverses méthodes existantes (par exemple l’appariement, les doubles différences, la régression par discontinuité), le choix réalisé dépendra notamment du dispositif évalué (par exemple la gratuité totale ou partielle) et des données disponibles pour l’évaluation (par exemple la coupe transversale ou panel). Identifier les méthodes les plus pertinentes fera partie du travail de thèse.
Les analyses économétriques mobiliseront principalement des données secondaires issues de plusieurs sources portant notamment sur les déplacements des individus et leurs caractéristiques sociodémographiques (enquêtes nationales de mobilité, fichier Mobpro du recensement de la population, Enquêtes Mobilité Certifiées Cerema - EMC²), sur les émissions de polluants (base INERIS sur les indicateurs de qualité de l’air) et sur les activités commerciales (base SIRENE de l’Insee, données comptables annuelles issues du panel FICUS/FARE de la DGFiP-DESF et de l’Insee).
Outre la valorisation scientifique de la thèse (participation à des colloques, publications dans des revues scientifiques à comité de lecture), les résultats du travail de thèse feront l’objet de restitutions auprès des acteur.trice.s locaux.les et nationaux.les de la mobilité (AOM, collectivités territoriales, ADEME, Cerema, GART).
Formation recommandée: Bac+5 en économie (ou équivalent).
Connaissances souhaitées: Connaissances en statistiques et économétrie et maitrise des logiciels de traitement de données associés (Stata et/ou R).
Expérience appréciée: Une connaissance des méthodes économétriques d’évaluation des politiques publiques et des compétences en analyse spatiale seront appréciées.
Aptitudes recherchées: Appétence pour la démarche de recherche et intérêt aux enjeux de transition écologique et de mobilité, rigueur scientifique, aptitude à travailler en autonomie et bonnes qualités relationnelles, intérêt marqué pour les échanges avec les acteur.trice.s non académiques. Un bon niveau d’anglais écrit et oral est attendu.
Durée du contrat : 3 ans
Début du contrat : 01/12/2026
Rémunération : 2 300€ brut par mois en 2026, évolutif conformément à l'arrêté du 29 août 2016